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Le plan Marshall est appelé plus justement le European Recovery Program (ERP) ou programme de relèvement européen. Commencé en avril 1948, il s’est ter­miné en octobre 1951.11 a été remplacé par une aide mili­taire, le Mutual Security Program. Le plan Marshall a-t-il été utile aux Européens ?

On sait comment le discours de Marshall a été prépa­ré, comment George Kennan, nommé par Dean Acheson à la tête du Policy Planning Staff, a agi. Le discours du secré­taire d’Etat George Marshall fut prononcé le 5 juin 1947 à l’Université de Harvard, (Cambridge, Mass.). Il demanda surtout que les Européens décident collectivement du pro­gramme de relèvement.

Anglais et Français voulaient répondre très vite à Marshall. L’URSS fut invitée à Paris pour en discuter. Finalement, Staline renonça le 3 juillet 1947 à participer au programme, forçant les pays de l’Europe de l’Est à s’ali­gner. La coupure de l’Europe s’approfondit. A l’invitation de la France et de la Grande-Bretagne, une conférence réunit à Paris le 12 juillet 1947 les représentants de seize puissances européennes : Islande, Norvège, Suède, Danemark, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Irlande, Autriche, Suisse, Italie, Portugal, Grèce et Turquie et ceux des zones occidentales d’Allemagne.

Chacun voulait des machines, des matières premières, des céréales. Pouvait-on aller jusqu’à un plan commun de reconstruction européenne ? Quelle serait la place de l’Allemagne ? L’opinion américaine attendait les Etats-Unis d’Europe. Le rapport des Seize chiffra à $ 29,4 milliards le déficit des Européens sur la zone dollar en 4 ans. Il fut ramené par les Américains à $ 22,4 mil­liards. L’aide promise fut de $ 17 milliards, elle atteignit $ 13 milliards.

Le Congrès des Etats-Unis insista sur la coopération européenne. Il voulait la libération des échanges, la lutte contre l’inflation, la fin de l’Etat providence. Il voulait favori­ser le commerce avec le Japon et l’Allemagne et faire pro­fiter les Etats-Unis des matières premières de l’Outre-mer européen. Il voulait modifier les taux de change des mon­naies européennes. Ces exigences étaient insupportables. Staline aurait-il eu raison ? Après négociations, l’adminis­tration américaine accepta de discuter et de ralentir l’ar­deur du Congrès.

Les accords bilatéraux de l’été 1948 entre les Etats-Unis et chaque Etat européen aidé témoignèrent de la défiance américaine envers la jeune organisation écono­mique européenne (OECE). Ils établissaient des obliga­tions de coopération intereuropéenne et de liberté des échanges mondiaux. L’administration américaine se réser­vait 5% puis 10% du montant de l’aide.

Les accords firent craindre une érosion de la souve­raineté des Etats européens. Les ratifications se firent dans une ambiance de guerre froide.

L’aide américaine prit la forme d’une aide en dollars, discutée annuellement par le Congrès. Les fonds ne furent pas tous donnés gratuitement. 9 % de l’aide, soit $ 1139 millions, furent alloués sous forme de prêts, à des conditions fort intéressantes. Les participants reçurent $ 11,8 milliards de dons entre le 3 avril 1948 et le 30 juin 1981. Le total atteignit $ 13 milliards.

L’importance de l’aide ERP doit être appréciée par rapport aux transferts américains antérieurs. L’Europe reçut, de 1945 à décembre 1951, $ 24,5 milliards et au titre du plan Marshall, $13 milliards. Ce programme a financé des importations en provenance de la zone dollar, libérant ainsi les pays de l’OECE d’une charge en dollars qu’ils auraient été incapables d’assumer.

La modernisation ou la résorption de la dette intérieure de l’état

Les fonds ERP générèrent des sommes importantes en monnaie locale, la contrepartie de l’aide. Les Européens, soucieux de ne pas les laisser aux mains des Américains, les utilisèrent à deux fins particulières, la modernisation ou la résorption de la dette intérieure de l’Etat. Les discussions serrées menées par Monnet en France aboutirent à financer le plan de Modernisation. La même chose se produisit en RFA, Autriche, Italie, Turquie et Grèce. La Grande-Bretagne consacra la quasi-totalité des fonds de contre-valeur au remboursement de sa dette à court terme, comme au Danemark et en Norvège.

Si l’aide américaine ERP a été utile aux pays européens, en revanche le bilan de l’unité euro­péenne est moins satisfaisant. En effet, l’OECE n’a pas été le moule des Etats-Unis d’Europe. La direc­tion franco-britannique de l’OECE a échoué parce que les deux pays n’avaient pas la même vision de la reconstruction de l’Europe occiden­tale. L’aide réussit à faire tomber les barrières aux paiements en Europe sans parvenir immédiatement à rendre les monnaies convertibles. L’OECE s’achemina vers une simple libération des échanges. Un acte éminent de coopération et de progrès entre les Européens fut la création de l’Union Européenne des Paiements en septembre 1950. Les Américains et les Européens avaient restauré la coopération éco­nomique européenne, ils n’avaient pas bâti l’unité de l’Europe Occidentale.

L’administration américaine s’efforça de donner à l’Europe des recettes qui avaient fonc­tionné aux Etats-Unis

Il n’est pas aisé de mesurer la part de l’Amérique dans les profonds bouleversements des sociétés euro­péennes après la seconde guerre. Les Etats-Unis furent la vitrine de réussites économiques, parfois sociales. L’administration américaine

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